Ici, on se promène d’habitude… mais quand le ruisseau monte, c’est tout le village qui retient son souffle.
À Verdun-sur-Garonne (Tarn-et-Garonne), les travaux engagés depuis le 1er septembre 2025 concernaient un ouvrage bien connu des habitants : la chaussée piétonne des lacs d’Escudié, qui correspond au barrage écrêteur sur le ruisseau de la Segonde. Un aménagement discret, mais stratégique, car il participe directement à la protection du village contre les crues.
Un chantier pour une mise aux normes et une meilleure maîtrise du risque inondation
L’objectif était clair : mettre l’ouvrage aux normes actuelles et renforcer sa capacité à encaisser les épisodes de crue, en sécurisant la digue et en améliorant le guidage des eaux quand la Segonde déborde. La commune avait d’ailleurs annoncé dès l’été 2025 que l’accès (véhicules et piétons) serait interdit pendant la durée du chantier, le temps des interventions lourdes.
Ce qui a changé sur l’ouvrage
Les opérations ont porté sur plusieurs points clés :
- Renforcement du pied de digue grâce à un enrochement spécifique, pour consolider la base et limiter l’érosion en situation de crue.
- Création / reprise d’un coursier (la “chute” où l’eau s’évacue) avec des murs bajoyers destinés à mieux contenir et canaliser les débordements.
- Terrassement et reprise de la piste en crête, avec des finitions sur les déversoirs et les abords du coursier.
- Une végétalisation (ensemencement) des parements et zones en terre est également évoquée pour le printemps 2026.
Les travaux sont présentés comme un enchaînement d’étapes “GEMAPI”, en lien direct avec la prévention des inondations, et situés explicitement entre la Segonde et le lac d’Escudié.
À quoi sert la chaussée piétonne des lacs d’Escudié ?
Cet ouvrage joue un rôle de protection contre les crues : il organise le passage de l’eau quand la Segonde monte, pour limiter les dégâts en aval.
Ralentir et canaliser
Écrêter la montéeQuand le débit augmente, l’ouvrage aide à mieux guider l’eau et à réduire sa violence au point de passage.
Éviter l’érosion
StabilitéLe pied de digue renforcé limite le creusement et l’usure lors des épisodes de crue.
Diriger les débordements
Trajet maîtriséLes eaux sont orientées vers un coursier prévu pour ça, plutôt que de s’éparpiller de façon imprévisible.
Protéger l’aval
Réduire les risquesEn encadrant l’écoulement, l’ouvrage contribue à mieux sécuriser les zones habitées.
💶 Combien ça coûte ?
Le marché de travaux pour le barrage écrêteur de Verdun-sur-Garonne (Segonde / lacs d’Escudié) a été attribué pour un montant d’environ 184 306,80 € HT (marché notifié fin juillet 2025).
🏛️ Qui finance ?
Le chantier est porté par la Communauté de communes Grand Sud Tarn-et-Garonne, dans le cadre de sa compétence GEMAPI (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations), qui inclut la gestion de cet ouvrage hydraulique.
« Comme souvent sur ce type d’opérations, des cofinancements publics (État / Agence de l’eau / Département / Région…) peuvent exister : ils seront précisés par la collectivité. »
Verdun-sur-Garonne et les crues : un passé qui explique ces renforcements
Si ce chantier était autant suivi, c’est que Verdun-sur-Garonne a déjà connu des inondations marquantes.
- 1875 : la crue de la Garonne de juin 1875 est l’une des plus catastrophiques de la vallée, et Verdun-sur-Garonne fait partie des communes durement touchées.
- 11 juin 2000 : la Garonne atteint un niveau de référence à Verdun, resté dans les mémoires et souvent utilisé comme point de comparaison.
- Janvier 2022 : nouvel épisode majeur, avec un pic mesuré autour de 6,32 m à la station de Verdun, et une crue comparée / très proche de celle de 2000.
- Février 2021 : épisode plus modéré à Verdun (environ 3,99 m relevés à la station), mais révélateur d’une récurrence des montées d’eau.
C’est précisément pour réduire la vulnérabilité du bourg face à ce risque (et éviter que des crues “moyennes à fortes” ne se transforment en dégâts importants) que la remise à niveau d’ouvrages comme celui de la Segonde — la chaussée des lacs d’Escudié — est essentielle.
La nature dira quand viendra le prochain test… mais Verdun se dote d’un ouvrage plus robuste.
